Voyage dans le temps…Et si on se donnait rendez-vous dans dix ans ?

Crédit: IStock

Avez-vous remarqué à quel point lorsqu’on regarde de vieilles photos de soi, alors que nous avions quatorze ou quinze ans, il est frappant de voir à quel point nous avons pu changer depuis?

Avec une certaine nostalgie pour l’innocence que nous avions alors, mais également pour la multitude de choix qui s’offraient à nous à l’époque sans que nous en soyons même conscients.

Et parfois aussi, avec une légère déception face à ces choix que nous avons effectivement fait et qui nous donnent aujourd’hui cette impression plus ou moins agréable de se trouver devant un effet d’ouverture inversé : les choix s’offrant à nous semblant effectivement de moins en moins grands à l’avenir, alors que les années de nos vies s’écoulent comme du sable entre nos doigts…

Que de fois, en jetant ainsi un regard sur l’adolescente et ensuite, sur la jeune femme que j’ai été un jour, je n’aurais eu cette envie – bien sur irréaliste – de m’adresser à elle. Et d’ainsi lui dire de ne pas avoir peur de ses envies. De foncer. Et d’oser voir la vie comme un simple jeu.

« Un jour tu seras morte ma belle! En attendant, ne peux-tu pas vivre un peu? »

Et bien je suis tombée hier sur un article plutôt fascinant qui raconte que selon une étude, nous sous-estimerions carrément le degré de changement qui surviendra encore dans nos vies. De sorte qu’à soixante ans, ou encore à quatre-vingt-dix, héritière de quelques rides, de cheveux gris désormais majoritaires et peut-être même d’un dentier (Oh My God!), alors que je serai peut-être assise à me bercer, je risque fort alors de regarder la femme de quarante-trois ans que je suis aujourd’hui, avec cette furieuse envie…de lui donner un coup de pied au derrière!

« Un jour tu seras morte ma belle! En attendant, ne peux-tu pas vivre un peu? »

***

En 2013, j’en suis consciente, j’aurai des choix difficiles (et plutôt effrayants!) à faire.

En arrêt de travail depuis près de deux mois maintenant, je sais bien que c’est mon corps qui m’a lancé un message, m’acculant ainsi au pied du mur. Un travail éloigné, ma mère vieillissante (elle détesterait entendre cela!!!), un petit garçon qui, à l’école, commence à apprendre à lire et a ainsi besoin que je sois présente pour l’accompagner dans son évolution… Et pour moi, des envies d’écriture qui deviennent de plus en plus exigeantes…

Et mon corps qui lui non plus n’a plus vingt ans!

Je ne suis que trop consciente qu’en 2013, je n’aurai d’autres choix que d’apporter certains changements au style de vie que j’ai adopté jusque là! Même si la chose (cet inconnu si horrible!) m’effraie au plus haut point!

Car bien sur, je n’ai plus le choix. Physiquement et moralement, je dois aussi apprendre à prendre soin de moi.

Aussi.

***

De quoi aura l’air cette Marie de soixante, quatre-vingt ou quatre-vingt-dix ans?

Je n’en sais malheureusement rien en ce petit matin plutôt frisquet de janvier…

Mais je souhaite qu’elle me regardera alors avec indulgence.

Et avec fierté surtout.

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10 commentaires sur “Voyage dans le temps…Et si on se donnait rendez-vous dans dix ans ?

  1. Oui les choix sont parfois difficiles à prendre car c’est aussi renoncer à tous les autres chemins que l’on n’a pas empruntés. Mais de le faire en conscience pour notre bien et celui de notre entourage parvient à en faire un acte de liberté et pas quelque chose de subi. Ensuite il faut aussi avoir à l’esprit qu’aucune situation n’est définitive et qu’il est toujours temps de changer d’avis ou de prendre une autre route, comme tu le dis la vie est longue et bien des surprises nous attendent en chemin.
    Personnellement j’ai choisi d’arrêter de travailler il y a 8 ans pour me consacrer à mon fils qui a des problèmes de santé ainsi qu’à mes 2 autres enfants. Cette pause loin du monde « matériel » (j’étais fiscaliste et mon travail tournait autour de l’argent) a été au final l’une des meilleures choses qui me soit arrivée. Je me suis centrée, je me suis éloignée de tout ce qui était superficiel et j’ai découvert ma vraie voie, je travaille aujourd’hui à temps partiel près de chez moi auprès d’une jeune femme non voyante et j’envisage de devenir aussi auxiliaire de vie scolaire pour permettre à des enfants handicapés de poursuivre leur scolarité. Il y a 8 ans quand je « subissais » l’arrêt de mon travail (j’avais l’impression de ne pas avoir le choix) je n’aurais jamais imaginé ma vie aujourd’hui et à quel point elle me comble. C’est tout ce que je te souhaite 🙂
    Des bises Marie (et pour le dentier, on va encore attendre encore un peu ;D) en espérant que tes problèmes de santé ne soient pas trop graves …

    1. Qui n’a jamais prononcé cette phrase: « Ah si j’avais su ce que je sais aujourd’hui ! » ? Malheureusement, nous devons la plupart du temps prendre des décisions comme on se jette dans le vide, sans savoir. J’ai été « programmée » à croire qu’une femme devait être indépendante à tout prix ! Avoir son travail, son compte de banque, sa porte de sortie accessible en tous temps. Bien sur j’ai un super mari, très présent ! Mais on ne sait jamais, malheureusement, ce que la vie nous réserve. Mais bien sur, je ne suis pas la première ni la dernière à « frapper son mur » et à devoir faire des choix. J’imagine combien tu as du « ramer » toi aussi, avec un travail et trois enfants ! Ouf ! Ton expérience prouve bien que finalement, les choix les plus difficiles sont bien souvent ceux qu’on regrette le moins: parce qu’on ne les prend pas à la légère ! Merci de tes encouragements ! Me reste à apprendre à faire confiance à la vie 😉

      Merci sincère de tes bons mots chère Guen !

      Marie xx

      1. Ce qui est difficile est, comme tu le soulignes, d’avoir été programmée par les valeurs de la société pour assurer dans tous les domaines (études supérieures, travail rémunérateur et valorisant, place sociale bien définie, mère et épouse parfaite …) Après la réalité et ses contraintes nous rattrapent parfois et le fait de sortir des rails tous tracés est douloureux, on plonge dans le vide, on devient dépendante (j’avoue que ça ne m’a pas posé de problème car je me suis dit que si j’avais un jour besoin de reprendre une activité pour des raisons financières ou familiales, je le ferai le moment venu, aucune situation n’est définitive ou bloquée.) Et de s’arrêter permet aussi de se libérer de ces valeurs qui nous ont été inculquées afin de trouver les notres, nos propres priorités.
        Il faut reconnaître aussi que du jour au lendemain tu n’existes plus socialement pour les autres, les gens supposent que si tu n’as pas d’activité rémunérée, tu es transparente, inintéressante … Difficile pour l’égo mais ça m’a appris à me libérer du regard et du jugement des autres, à trouver mon utilité sociale en dehors du milieu professionnel suivant mes goûts et la nouvelle orientation que je voulais donner à ma vie.
        En fait il faut le voir comme une page vierge où c’est à toi d’écrire ton histoire, le livre de ta vie 🙂
        L’inconnu fait peur mais, comme tu le dis, un choix quand il est réfléchi et mûri, qui te correspond vraiment maintenant (dans le futur tu pourras toujours le revoir en fonction de ton évolution), est plus facile à assumer.
        Plein de bises et bon choix pour 2013 quel qu’il soit, du moment qu’il t’appartienne.

        1. Bonjour Guen ! C’est vrai que notre plus grande erreur souvent, c’est peut-être d’imaginer que nos choix sont définitifs et qu’on ne pourra jamais changer la suite. Qu’on ne pourra jamais décider de remonter dans le « train » plus tard, alors que définitivement, ma formation et mon expérience seront toujours là elles. Qui pourrait m’enlever ça ? Ça demande d’avoir une foi inébranlable dans ce pouvoir de la vie de nous surprendre ! C’est un peu beaucoup d’aller à contre-courant de nos sociétés de productivité et de toujours plus. J’aime ton image de la page vierge 🙂 Mais j’imagine tout à fait ce qu’est ce regard dont tu parles, celui que la société pose sur les « décrocheurs ». Et j’imagine que le plus difficile est sans doute la décision puisque après, lorsqu’on a fait ces choix pour les bonnes raisons, les nôtres, on ne peut y voir que des bénéfices.

          Marie xx

  2. Je lisais ton billet ce matin. La peur de regretter nos choix est présente à toutes les étapes d’une vie. À 23 ans, je me questionne tous les jours à propos de mes options. Est-ce que je maximise mon potentiel? Est-ce que je suis heureuse? Il existe une drôle de dualité entre revoir les décisions prises au passé et tenter d’améliorer les décisions que l’on prendra dans le futur. Malheureusement, tous ces choix sont faits au présent avec seulement l’accès aux informations que nous offre le présent, En avant, en arrière mais coincé dans le milieu. Comme tu le dis si bien, il faut se regarder dans le passé avec indulgence.

    1. Bonjour Caroline !

      Contente de te voir ici 🙂 Bien sur, comme tu le dis, chaque âge à ses questionnements et ses doutes. Nous vivons, je pense, dans une société qui valorise le bonheur à tout prix et qui nous dit que si nous ne le sommes pas assez, c’est notre faute évidemment. Un peu comme une recette magique qu’il suffit de suivre. D’ailleurs, ça me rappelle un livre lu il y a longtemps, « L’euphorie perpétuelle » de l’auteur Paskal Bruckner qui parlait justement de cela. Ce fait que nous nous imaginons faussement qu’une fois maximisées nos capacités, le travail idéal trouvé, le salaire que nous espérions obtenu, le mari idéal épousé, les enfants arrivés…. nous nous retrouvions malgré tout, un jour ou l’autre insatisfait. Parce que le bonheur est illusoire et fugace et que la vérité est peut-être qu’il vaut sans doute mieux se contenter (cela dit de façon non négative) de simples instants de plaisir ou de joies passagères, dans une vie en éternel mouvement. Comme quoi, ce qui nous rend heureux aujourd’hui, on ne doit peut-être pas se soucier de savoir si ça nous rendra encore heureux dans dix ans. Juste d’en profiter aujourd’hui et de le vivre aujourd’hui.

      En bref, il y a peut-être autant de « recettes magiques » qu’il y a d’individus. Et notre défi, c’est de trouver la nôtre j’imagine 😉

      À bientôt dans un billet 😉

      Marie xx

  3. Bonjour Marie, Ton billet me parle beaucoup si tu savais. Je me sens en pleine remise en question.J’ai peur du changement dans ma vie.Depuis le printemps je sens qu’il y a de quoi qui ne va pas.Je dors mal je suis épuisée.J’ai porté le masque de la femme forte et là je sens qu’il est en train de craquer.Comme l’a si bien écrit Gwen,il y a des renoncements difficiles à faire.à 55 ans ans,divorcée depuis 25 ans,renoncer au rêve de réussite familiale,renoncer à avoir d’autres enfants .J’aurais pu bien sur mais je n’ai pas rencontré « la personne. » Je vis en célibataire depuis toutes ces années et je suis très libre et indépendante.Mais je dois accepter de faire du lâcher-prise et je trouve ça difficile.Je donne beaucoup de mon temps à mes parents vieillissants.J’ai quand même du soutien de mon frère et de mon fils quand c’est possible.Je sens mes forces diminuer.Mes capacités physiques sont amoindries il me faut bien l’admettre.Ma plus grande inquiètude est de perdre mes capacités en vieillissant et devenir trop « demandante » pour mon fils.En étant unique et très bon pour moi je sais qu’il sera présent mais à quel prix? Il a aussi une vie à vivre et ne pourra pas avoir de soutien de ses frères et soeurs.Vivre entre le passé et l’avenir est un grand défi.Notre vie est un éternel recommencement.Heureusement,nos expériences nous apprennent que souvent on s’en est fait bien trop pour absolument rien.Et puis les décisions que l’on prend aujourd’hui,on a bien le droit de les changer plus tard.Une de mes amies est décédé l’an passé.à la fin de sa vie elle disait,mon Dieu qu’on s’en fait donc des fois pour pas grand chose.On se bat toute sa vie pour « avoir » quand on pourrait aussi bien vivre et profiter un peu plus de nos proches.Quand on est proche de la mort c’est pas des bébelles qu’on a ramassées qu’on a besoin mais de ceux qu’on aime le reste,c’est du vent. Elle n’avait que 60 ans et venait tout juste de prendre sa retraite.J’ai coupé beaucoup dans ce qui n’est pas essentiel pour moi.J,ai fait beaucoup de ménage dans ma vie.Mais c’est comme l’intérieur de la maison c’est souvent à recommencer. Désolée si je suis longue dans ce commentaire et peut-être un peu décousue.J,aime bien le mot être indulgence on l’oublie trop souvent malheureusement.Bonne journée Marie avec tes proches soit heureuse du temps présent!

    1. Bonjour Étoile ! C’est tellement vrai, comme tu le dis, qu’on met une énergie totalement folle au « avoir » et pas toujours assez sur le « être ». Ton commentaire me rappelle un livre sur lequel j’étais tombée il y a un bon bout de temps et dont j’avais d’ailleurs parlé sur le blogue, « The top five regrets of the dying» (les cinq plus grand regrets des mourants), un livre écrit par une infirmière, Bronnie Ware qui détaillait ainsi ces cinq plus grands regrets que l’on avait souvent en mourant:

      1. «J’aurais aimé avoir le courage de vivre comme je voulais, et pas de vivre la vie qu’on attendait de moi»
      2. «Je regrette d’avoir travaillé si dur»
      3. «J’aurais voulu avoir le courage d’exprimer mes sentiments»
      4. «Je regrette de n’être pas resté en contact avec mes amis»
      5. «J’aurais aimé m’autoriser à être plus heureux»

      Ouf ! J’y vois clairement des réponses en ce qui me concerne ! 😉 Je te souhaite toi aussi de trouver ce petit quelque chose qui rendra ta route plus lumineuse 😉

      Marie

  4. Bon matin Marie,

    Prends bien le temps de « prendre ton temps » pour retrouver ta forme et physique et morale. Nous savons que les deux doivent fonctionner ensemble ; si nous avons un bon moral, le physique s’en ressent et vice-versa.

    Je te souhaite de concrétiser l’écriture de ton livre. Vas-y tout doucement ; c’est important pour stimuler l’inspiration. Je sais que tu vas nous « pondre » un p’tit chef-d’œuvre. Je n’ai qu’à lire tes billets ; tu as une très belle écriture. Il en sera de même lorsque les mots iront de ta tête à la feuille de papier ou à l’ordinateur.

    Passe une bonne journée,

    Marjo

    1. Bonjour Marjo ! C’est vrai que lorsqu’on est pas au sommet de sa forme, ce n’est pas le meilleur moment pour prendre de grandes décisions ! Quant à mon livre, il continue de mijoter 😉

      Merci pour les bons mots toujours appréciés !

      Marie

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