19 août: journée mondiale de la photographie

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Décidément, il y a de nos jours une journée pour tout, n’est-ce pas ? Mais clairement, ce vendredi 19 août me rejoint particulièrement alors que nous célébrons aujourd’hui l’un des arts les plus fascinants de tous: la photographie!

Du coup, je me suis dit qu’en cette époque ou le selfie est roi et dans laquelle il semble que la photographie doive se banaliser de plus en plus, cette journée était parfaite pour partager ici mes trois coups de cœur de tous les temps lorsque l’on parle de photographie !

Dans l’ordre ou dans le désordre!

LEE MILLER

Lee Miller

D’elle, j’ai souvent parlé sur ce blogue! Notamment ici. Ici puis . Lee Miller, Elizabeth de son vrai nom, est née le 23 avril 1907 aux États-Unis. Si sa vie débute d’abord d’une façon un peu « trash » (violée à sept ans par un « ami » de la famille, puis modèle nue pour son père de huit à seize ans…), son parcours par la suite devient véritablement incroyable. À seize ans, elle s’envole pour Paris, ville mythique, ou elle deviendra rien de moins que Top modèles pour VOGUE. Elle en profitera pour fréquenter nuls autres que Man Ray, Éluard et Picasso pour ne nommer que ceux-là.

Elle aurait pu s’arrêter là n’est-ce pas ? Et bien non ! Pendant la deuxième guerre mondiale, elle devient rien de moins que correspondante de guerre – la seule femme parmi les tout premiers journalistes – à suivre le débarquement de Normandie. Puis à photographier les camps de la mort. Rien de moins que des centaines de photos qu’encore aujourd’hui, on peut facilement retrouver en fouinant sur internet. Dont sa plus célèbre – et sans aucun doute l’une des photos les plus connues de cette période! Une photo d’elle assise dans la baignoire d’Hitler.

La photographe réalisa ainsi des milliers de photos sur une période d’une trentaine d’années avant de, un peu comme Forrest Gump, décider qu’elle avait assez couru, décidant alors de s’installer sur un ranch avec son mari et leur fils.

Le plus fascinant de toute cette histoire c’est que Lee Miller est décédée en 1977 des suites d’un cancer. Et que ce n’est qu’à ce moment que son fils, Antony Penrose, découvrit tout ce passé digne d’un roman qui avait été celui de sa mère. Quelques 40,000 négatifs et 500 tirages (incluant les archives de VOGUE) qu’il dut ainsi trier, désormais décidé à écrire un livre sur cette femme qu’il avait finalement si peu connue.

Les vies de Lee Miller, Antony Penrose, Seuil, 1994

ROBERT CAPA

Robert Capa

De lui aussi il me semble avoir déjà parlé ici, bien que je ne retrouve pas ce fameux billet pour l’heure ! Robert Capa, de son véritable nom Endre Erno Friemann, est né à Budapest le 22 octobre 1913 d’une famille juive et décédé en Indochine en mai 1954.

Au cours de sa vie, il couvrit pour LIFE les plus grands conflits (la guerre civile d’Espagne, la deuxième guerre mondiale, dont le débarquement de Normandie, puis, la guerre d’Indochine). Cela en plus de fonder l’agence de photos Magnum, première du genre a être créée.

Au cours de sa vie, il fréquenta de grands noms qu’on associe bien souvent à un univers un peu romanesque…  Henri Cartier-Bresson, l’écrivain américain John Steinbeck, Ernest Hemingway,…

Le « Style Capa » se caractérise par des photos prises au plus près de l’homme et de l’action. L’homme s’intéresse ainsi en premier lieu à l’éphémère de la vie, à la fragilité de l’existence. Ses photos, nombreuses il va sans dire!, sont facilement accessibles dès lors que l’on fouille le moindrement sur internet.

Pour avoir lu sa biographie il y a quelques années, j’ai été particulièrement fascinée par celui qui avait tout du Tintin reporter. Et dont les photographies sont toujours si vraies qu’elles font presque mal lorsqu’on les regarde !

Robert Capa, l’homme qu jouait avec la vie par Alex Kershaw, JC Lattès, 2003

FRANCESCA WOODMAN

Francesca Woodman

Finalement, et non la moindre, une photographe américaine que j’ai personnellement découverte il y a tout juste quelques années. Et dont les oeuvres, pour mon plus grand malheur, sont très peu souvent exposées !

Née le 3 avril 1958 à Denver aux États-Unis, Francesca Woodman est sans doute l’une des photographes qui eut le moins de temps pour réaliser son oeuvre ! De fait, le 19 janvier 1981 elle se suicide dans son appartement new-yorkais en se défenestrant alors qu’elle n’a que 22 ans. Mais étrangement, et un peu comme si elle avait su d’office qu’elle aurait peu de temps (comme si tout cela avait été scénarisé ?), la jeune femme consacra rien de moins que son adolescence à prendre des photos. Plus de 900 photos. Des photos en noir et blanc aux atmosphères oppressants et glauques. Majoritairement des auto-portraits dans lesquels elle s’est acharnée à se mettre elle-même en scène. Un peu, paradoxalement, comme si elle avait voulu s’y dissoudre.

« Les choses du réel ne me font pas peur, seulement celles qui sont au fond de moi » (Francesca Woodman)

Aujourd’hui, ce sont ses parents, eux-mêmes des artistes, qui gèrent toujours son oeuvre que l’on peut trop rarement admirer.

Inutile de dire pour ma part j’ai bien peur de ne jamais me remettre de n’avoir pu voir ses photos exposées cet été à Paris, à la Fondation Henri Cartier-Bresson ! N’en demeure pas moins que je suis tout simplement fascinée par cette photographe déterminée qui semblait être venue au monde avec un projet bien précis. Comme si elle avait su d’instinct qu’elle était là pour ça. Mais surtout, pour le caractère un peu précurseur de ses photos qui résonnent particulièrement sur notre époque caractérisée par les ego-portraits…

À VOUS DE JOUER!

Vous avez un ou une photographe coup-de-coeur ? Racontez moi en commentaires !

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4 commentaires sur “19 août: journée mondiale de la photographie

  1. Hello Marie 🙂

    Mon photographe fétiche est mon cher papa 🙂

    Cinéaste de formation (il étudia le cinéma à Prague il y a prés de 40 ans déjà) il est, depuis sa prime enfance passée à la campagne et en pleine guerre d’Algérie, fasciné par l’image, le cadrage, la lumière, les contrastes, les couleurs, … les mots que la vie exprime en formes et coloris divers et variés qui ne peuvent être captés que par l’œil averti (et quelque peu amoureux de la vie et des êtres animés par elle) et son objectif 🙂

    Il réalise, de cette façon, des clichés si touchants, si beaux, même de la plus primaire de toutes « banalités » !

    Et qui plus est, il m’a un peu transmis le virus 🙂

    Bonne journée mon amie 🙂
    Yasmine

    1. Wow ! Quel parcours fascinant ! C’est indéniable que la guerre, c’est souvent le terreau de photos hallucinantes même si franchement, nous préférerions que les conflits n’existent pas. Aussi, je ne doute pas que ton père a du en voir de toutes les couleurs ! Le meilleur comme le pire de l’humain clairement. C’est ce qui est fascinant de la photo je trouve. Cette faculté de capter l’instant, le regard, la nano seconde qui vous fait traverser d’une vie à une autre. Je te comprends tout à fait de vouloir suivre ses traces 😉 Tu ne devrais pas hésiter à intégrer cela à ton blogue (je dis ça comme ça 😉

      Bonne journée à toi aussi !

      Marie

      1. Je pense, pour mon blogue, migrer vers overblog car blogger est un peu trop basico-restreint à mon goût 😉

        Et bien sûr, y intégrer donc la dimension non seulement photo mais aussi celle de ma formation graphique et de ma culture (et fibre) artistique 🙂

        Bises mon amie

        Yasmine

        1. C’est vrai que blogger est limité ! J’y étais au début et je suis passée à WordPress. C’est important de choisir la bonne plateforme pour ce que l’on a envie de faire !

          Fonce !

          Marie

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