Kukum, Michel Jean

Jour 14 de mon calendrier de l’Avent littéraire! Je vous parle ce matin d’un livre, «Kukum» de Michel Jean qui est sorti récemment et qui a fait grand bruit. Ici au Québec mais aussi ailleurs. D’abord parce que son auteur vient de remporter le prestigieux prix France-Québec. Mais aussi, comme il me semblait l’avoir lu sans pouvoir retrouver ou, alors que ce livre vient d’être ajouté aux programmes scolaires en France.

Ce que ça raconte «Kukum»? C’est en fait l’histoire de l’arrière-grand-mère de l’auteur, Almanda Siméon, une orpheline de St-Prime qui en épousant à 15 ans un Innu de Pekuakami s’intégrera à cette communauté amérindienne au point de s’y fondre. Elle partagera ainsi toute sa vie l’existence nomade des Innus en acquérant les moeurs et la langue propre à cette communauté.

Et de fait, «Kukum» c’est un mot qui en langue innue, signifie justement «grand-mère».

Alors en détails, on découvre ainsi le mode de vie des Innus constitué notamment de chasse, de pêche et de déplacements en canot. Ceci en plus de voir évoqués l’arrivée des entreprises forestières, l’impact de la drave sur le milieu naturel, puis enfin, le débat sur l’importance d’envoyer les enfants à l’école… Ce qui a conduit à la tragédie que l’on connais de ces honteux orphelinats autochtones où le gouvernement a forcé pendant des décennies l’envoi des enfants amérindiens dans le but de les scolariser bien sur. Mais surtout de les évangéliser et de les assimiler. La pratique qui avait pour conséquence de séparer les enfants de leur familles a surtout provoqué une immense fracture générationelle au sein de ces communautés dont les nouvelles générations se sont presque mises à avoir honte de leurs ancêtres dont ils avaient appris à considérer les pratiques comme arriérées. C’est quand même fou, je trouve, de penser que ces pensionnats qui ont été créés au début des années 1820 ont existé jusqu’en 1996… Une tache dans notre histoire qu’on commence seulement aujourd’hui à reconnaître.

Bref! J’ai beaucoup aimé ce livre! D’une part pour le regard qu’il nous permet de porter sur le vécu de ces communautés qui ont occupé le territoire bien avant nous. Mais surtout, parce que cette histoire de l’arrière-grand-mère de Michel Jean, ça m’a aussi fait penser à ma propre grand-mère paternelle. Une femme que j’ai longtemps pensé être d’origine algonquine mais qui s’est avéré au cours de mes recherches avoir plutôt été d’orgines Micmac. Et mon intuition aujourd’hui c’est que Florence, ma grand-mère, aurait en mariant un blanc – et en vertu de la fameuse loi sur les Indiens – été forcée elle-aussi de renoncer à ses origines…

Au final, «Kumum» de Michel Jean c’est une histoire infiniment touchante et bien racontée.

Et vous? Vous l’avez lu?

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