La froideur de l’automne…et L’Homme nu qu’on a envie d’habiller un peu

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La grisaille de l’automne n’a visiblement pas que des défauts…. Puisqu’elle m’a incité à me remettre à l’écriture de mon livre, « L’homme nu »…

Bien sur, le projet ne quitte jamais mon esprit! Au point même de flirter avec l’obsession parfois…

Même si j’ai trop souvent cette impression que les choses ne se déroulent pas au rythme que je le souhaiterais.

Aussi donc, hier alors que je me trouvais dans le train de retour vers la maison, me suis-je enfin attaquée à cette tâche que je voyais de plus en plus comme une nécessité : soit de prendre mon petit carnet et d’enfin faire un semblant de plan. Car si j’ai bien sur écrit plusieurs passages de mon livre et que le portrait global du projet m’apparaît assez clairement en tête, j’ai parfois cette impression d’y aller à l’instinct, sans réelle idée de ce qui pourrait s’avérer un «squelette » du livre final. Et avec des notes traînant ici et là, sur papier tout autant que dans ma tête, j’ai ressenti ce besoin d’enfin mettre les choses sur papier.

Je réalise maintenant que j’aurais du m’attaquer à la chose beaucoup plus tôt ! Bien qu’avec des « j’aurais du », nous allions rarement bien loin…

***

Bien sur, quelques scènes m’apparaissent déjà incontournables! L’une d’elles entre autres, se déroulant alors que ma mère était enceinte de moi… Et que je n’ai toutefois pas encore écrite. C’est pourquoi j’ai eu cette idée de téléphoner à ma mère afin de tenter de la faire parler un peu. Histoire de faire remonter à la surface des « détails » qu’elle aurait oublié jusque là. Ou encore, auxquels je n’aurais pas encore porté attention. Même si le sujet, plus souvent qu’autrement – je le sais bien ! – à cet art de la perturber à tous coups ! Même si paradoxalement, je sens bien qu’elle souhaite réellement que je vienne à bout de tout cela…

Sauf qu’elle m’a rappelé certaines « anecdotes » que par ailleurs, elle m’avait déjà racontées dans le passé mais que j’avais oubliées depuis, et qui m’ont amenée à douter…. Douter de la pertinence d’écrire tout cela par exemple.

Douter de tout finalement !

Car j’en viens à me demander si le fait d’écrire, ce ne sera pas rien d’autre en fait que de retourner de la boue…

Qu’espérer obtenir d’autre que de la boue lorsqu’on s’y plonge jusqu’au cou, je me le demande !

La vérité est que mon père était bien loin d’ëtre une bonne personne. Et qu’en voulant raconter son histoire, j’en viens à me demander si je ne fais pas rien d’autre que du déni en voulant en quelques sortes donner du sens…

À ce qu’il pourrait sembler obscène de tenter d’expliquer….

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2 commentaires sur “La froideur de l’automne…et L’Homme nu qu’on a envie d’habiller un peu

  1. Tu as bien raison Marie,parfois les choses ne vont pas aussi vite qu’on le souhaiterait. Mais aussi les « j’aurais du » sont des mots qui nous font sentir coupable de quelque chose et ça nous fait piétiner pour rien.En lisant ton billet,je te voyais dans le train occupée à monter ton plan d’écriture. Je repensais aux nuits blanches que j’ai passées à « essayer » de ramasser mes idées pour mes écrits.J’en pleurais un coup j’avais si peur de blesser mes proches.Je comprends ton besoin de connaître le plus de détails possible sur la grossesse de ta mère et ta naissance.Même si c’est difficile à raconter pour ta mère et peut-être à entendre pour toi,je crois qu’il est bon de crever l’abcès une fois pour toute et de pouvoir passer à autre chose en se sentant libéré.C’est pas en n’en parlant pas qu’on « oublie » le passé.C’est ce qu’on en fait avec par la suite qui importe,je crois.L’écriture sur soi,C »est un peu comme construire sa maison,ça prend un bon sollage pour commencer et ensuite monter les pierres unes à une.En faisant le choix d’écrire sur nous,il est officiel qu’on éclabousse aussi ceux qu’on aime car ils font partie de notre vie.Je pense que,de la boue qui ne bouge pas finit par figer et durcir, mais il en reste pas moins qu’en dessous c’est de la boue quand même,n’est-ce-pas? En espérant que cette grisaille d’automne t’apporte aussi des éclaircies dans tes jours de doutes chère Marie et que ta mère se trouve en paix avec ce passé dont elle n’est aucunement responsable. Bonne fin de journée et merci!

    1. Bonjour Étoile ! Merci de tes bons mots ! C’est tellement vrai que de faire un plan, ça change tout ! Dans mon cas, ça m’a fait prendre conscience à quel point j’étais avancée dans mon projet et combien d’éléments et de certitudes j’avais déjà. C’est vrai que de faire comme si de rien n’était, ça n’avance à rien.

      Je me sens d’attaque pour faire un premier jet entier !

      Marie

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