femmes,  littérature

La Honte de Nelly Arcan


J’adore l’auteure Nancy Huston ! Mais ça, vous le saviez déjà n’est-ce pas ? Pour la force qu’elle dégage. Mais surtout, pour la profondeur des sujets qu’elle touche dans ses écrits, tous reliés à la «féminitude», à l’identité. 
Et d’une certaine façon, à l’errance… 
Néanmoins, lorsque hier je suis tombée sur cet article qui parlait du livre de cette autre auteure, Nelly Arcan, livre qui sortira de façon posthume sous peu et justement préfacé par Nancy Huston, je me suis arrêtée pour le lire… L’article bien sur ! Le livre, « Burqa de chair »,  ne devant frôler les tablettes des libraires que demain, 14 septembre…

Et je dois avouer qu’il s’est passé quelque chose d’étrange suite à cet article dans lequel Nancy Huston avoue son admiration pour cette auteure, Nelly Arcan, qui malgré un discours d’une intelligence rare, a été si peu appréciée de son vivant. Un peu comme si tant son oeuvre que sa mort avaient voulu porter un même message…. 
Rappelons que Nelly Arcan s’est suicidée en 2009. Et que sa trop courte oeuvre portait notamment les thèmes destructeurs de la beauté à tous prix, de la dictature de l’image, du culte de la jeunesse et de la marchandisation des corps dans un monde ou on veut retarder le plus possible le moment de mourir. Mais dans lequel, paradoxalement, on refuse de vieillir…
Dans ce livre qui comporte une série de textes, certains inédits, d’autres déjà publiés, mais pour la plupart inachevés, se trouve notamment « La Honte» (qu’on peut déjà lire ici), écrit qui raconte comment l’auteure s’est sentie au moment de cette entrevue qu’elle donna à l’émission Tout le monde en parle, en 2007. Plateau sur lequel, tant l’animateur que les autres pénalistes, portèrent un intérêt inversement proportionnel à la profondeur du propos de la jolie blonde qu’à celui de son décolleté… 
Écouter cette entrevue jusqu’au bout, avec le recul, donne la nausée.

En fin de journée hier, l’animateur de l’émission se disait particulièrement troublé à la lecture de cette nouvelle.

Néanmoins, j’ose la poser aujourd’hui cette question !

Et si en lieu et place d’une trop jolie blonde, c’était un homme qui était venu sur ce plateau présenter son livre? Et que ce livre eut traité du poids de l’apparence physique dans cette époque ou justement, nous refusons de vieillir. Lui aurait-on réservé le même genre d’entrevue pleine de condescendance ? Lui aurait-on reproché un bouton négligemment détaché ? Ou d’être trop bel homme ? Aurait-on banalisé son propos sous le faux prétexte d’une expérience de vie ne collant pas nécessairement aux standards d’une certaine rectitude littéraire?

Poser la question, c’est sans doute y répondre un peu… Vous ne pensez pas ?

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