La série Les enfants du désastre, Pierre Lemaître

Qu’y a-t’il de mieux, en ce jour 3 de mon calendrier de l’Avant littéraire 2020, qu’une trilogie? Et celle de Pierre Lemaître, entamée en 2013 avec «Au revoir là-haut» pour se clôre avec le dernier volet en 2020 avec «Miroir de nos peines» en vaut largement le coup. Entre les deux, «Couleurs de l’incendie» paru lui en 2018.

De quoi ça parle?

Le premier volet, «Au revoir là-haut» qui a d’ailleurs été transposé au cinéma, raconte l’histoire de deux anciens poilus, comme on appelait ces soldats de la première guerre mondiale. C’est donc l’histoire de Édouard Péricourt et de Albert Maillard, deux hommes qui sans la guerre, ne se seraient jamais rencontrés. Le premier vient d’une famille de nôbles alors que le deuxième est comptable. Juste avant la fin de la guerre, en novembre 1918, les deux hommes se retrouvent impliqués ensemble dans un événement qui les liera dès lors. Albert qui lors d’une bataille se retrouve littéralement enterré vivant est sauvé par Édouard. Mais voilà, celui-ci se retrouve complètement défiguré. Démobilisés, ces deux laissés-pour-compte imaginent une escroquerie et non la moindre: le commerce de cadavres et de monuments aux morts. On se retrouve donc avec ce livre à s’imprégner des conséquences de la première guerre sur les populations, toutes touchées à différents égards et pour longtemps.

Le deuxième volet, «Couleurs de l’incendie» paru en 2018 porte pour sa part sur les années 30. On y suit Madeleine, la soeur d’Édouard Péricourt qui se retrouve obligée de reprendre la tête de l’empire financier familial dont elle est l’unique héritière. Le livre commence en effet au moment des obsèques de Marcel Péricourt. Mais comme il est d’usage dans cette série, les choses ne se déroulent jamais simplement! Madeleine se retrouve ainsi, suite à un acte de son fils Paul, sur le chemin du déclassement et de la ruine. Cela dans ces années d’entre deux guerres au cours desquelles plusieurs fortunes ont été perdues. Construit un peu sur le modèle du Comte de Monté Cristo, on assiste ainsi à la vengence de Madeleine sur qui le sort s’acharne.

Enfin, dans le troisième volet que j’ai terminé récemment, «Miroir de nos peines», on suit le personnage de Jeanne qui était âgée de dix ans dans le premier livre. On se retrouve ainsi en avril 1940 avec la jeune femme maintenant âgée de trente ans. Ceci au moment précisément où, par un revirement dont l’auteur a le secret, Louise court toute nue sur le boulevard Montparnasse. Que s’est-il passé ? C’est le point de départ de cette histoire qui nous amène au coeur de la deuxième guerre, avec une France au coeur du chaos et prise de panique. Et au passage, quelques secrets de familles plutôt inattendus et qui viennent pimenter le récit.

J’avoue que cette série que l’auteur a nommée «Les enfants du désastre» a été un gros coup de coeur parmi mes lectures des dernières années. On a beaucoup entendu parler du premier volet paru en 2013 et qui avait valu à Pierre Lemaître le Prix Goncourt en plus d’être transposé au cinéma. Mais la série dans son ensemble est tout simplement grandiose.

Pour ma part, ce que j’ai adoré ce sont les revirements dignes de la comédie et d’un certain burlesque par moments, et qui présentent les personnages dans ce qu’ils ont de plus humains. Nous ne sommes pas ici face à des héros mais bien devant des humains. Et ce n’est pas toujours très glorieux, qu’on se le dise!

Ce que je trouve toujours un peu dommage avec ces séries dont les volets sont publiés à quelques années d’intervalle c’est l’attente. Parce que d’un volet à l’autre, il peut arriver qu’on décroche. J’ai d’ailleurs laissé traîner un bon moment «Miroir de nos peines» sur ma table de chevet, comme si j’avais douté de retrouver le plaisir que j’avais eu avec les deux premiers. Mon Dieu que je me trompais ! Car je dois maintenant accepter qu’il n’y aura pas de suite puisque la série est terminée !

Et vous, vous avez lue cette série ?

Je suis curieuse de savoir ce que vous en avez pensé.

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