Les micro romans de Maud Chayer

En ce jour 8 de mon calendrier de l’Avent littéraire, j’ai envie de vous parler aujourd’hui, non pas d’un mais bien de deux très courts romans – des micro fictions ou nouvelles, c’est selon – de l’autrice Maud Chayer. Petits bouquins de la collection Sauvage que m’a gentiment fait parvenir l’éditrice Annika Parance il y a quelques semaines.

Le premier, qui s’intitule «Au pavillon», raconte l’histoire d’une famille de banlieue tout ce qu’il y a de plus banale. Un couple marié depuis dix ans, deux enfants (un garçon et une fille), bungalo, piscine et soupers sur le barbecue. Un jour, Monsieur revient du boulot et apprend la nouvelle d’un événement «inattendu» qui vient un peu bouleverser la dynamique familiale.

Le deuxième de ces micro-romans s’intitule quant à lui «À la foire» et raconte pour sa part l’histoire d’un homme qui lors d’une journée de canicule, se laisse convaincre par sa femme et ses deux filles d’aller passer quelques heures à la foire agricole. Événement plutôt banal d’une famille comme il y en a tant et qui confrontera Monsieur à l’homme qu’il est devenu, un peu sans s’en rendre compte.

Si j’ai eu envie de parler de ces deux titres dans le même billet, c’est que outre leur mini format (52 et 58 pages) qui s’apparente plus à la nouvelle qu’au roman proprement dit, j’ai trouvé que d’une certaine façon on y retrouvais un peu le même genre de thématiques. Soit le couple et la famille qui derrière l’apparence d’unité, laissent entrevoir lorsqu’on gratte un peu l’usure et la peur de vieillir. Mais surtout, cette vie dans laquelle un moment donné, l’un des deux se sent peut-être un peu exclu. Ou dans laquelle il ou elle finit par se reconnaître moins. Dans les deux cas, nous nous retrouvons dans le regard de Monsieur qu’on découvre un peu dépassé par les événements.

Si je dois avouer que je suis un peu moins friande de nouvelles de façon générale, j’ai trouvé que celles-ci étaient bien écrites et surtout, qu’on se retrouvais rapidement un peu happé malgré soi à vouloir découvrir où ces histoires nous amènent. Mais, je dois le confesser aussi, je suis un peu mitigée.

Peut-être est-ce du au fait qu’à la lecture de ces micro-fictions j’ai senti la jeunesse de l’autrice? Ou encore, que je suis moi-même plus âgée que les personnages de ces histoires? La vérité c’est que j’ai senti à certains moments que les personnages étaient d’une certaine façon un peu stéréotypés.

Dans «Au pavillon» par exemple, Madame qui tout en faisant quarante ans, se trouve vieille et ne veut surtout pas avoir l’air d’une grand-mère… Ceci en même temps que Monsieur se retrouve complètement dépassé par un événement que je ne révélerai pas ici pour ne pas vous «spoiler» comme le dirais mon fils. Un événement finalement assez banal, vous le découvrirez à la lecture de cette histoire. Et dont on ne comprend pas tellement l’effet perturbateur finalement.

Mais je dois l’avouer, j’ai trouvé dans «À la foire» super intéressant cette idée de Maud Chayer de voir d’un côté l’effet supposément festif d’une fête forraine juxtaposé à une famille ou décidément, la réalité du quotidien est loin est bien loin d’être le reflet des apparences. Dans les deux cas, on se retrouve avec ce qui peut ressembler à de fausses promesses. Et on se dit que finalement, les manèges tout autant que le couple qui semble si parfait, sur papier ça a l’air pas mal plus palpitant que dans le réel.

Ce que je retiens c’est que c’est l’évidence que Maud Chayer a une magnifique plume que j’aurai plaisir à suivre dans le futur.

Vous avez lu ces micro-fictions ? Dites-moi ce que vous en avez pensé.

* Merci à l’éditrice Annika Parance pour l’envoi de ces deux livres.

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