Mirage

Crédit: Rêve d’été!, Gaëtan Bourque, Flickr

Parfois, il m’arrive de me demander si l’été, ce ne serait pas tout simplement une illustration de ce qu’on imagine lorsqu’on parle de mirage…

Une période de l’année qui, il m’arrive de le penser, déforme un peu notre perception du temps. À l’image de cette vision, si particulière à certains moments sur la route des vacances, de l’asphalte sous un soleil de plomb. Une route qui, soudainement, semble se distorsionner.

Un peu comme si elle devenait floue, presque irréelle…

Un peu aussi je dirais, comme les célèbres montres molles peintes par Dali jadis.

Nous passons presque l’année entière à courir après le temps, constamment limités par les contraintes du quotidien. La routine, les repas à prévoir, puis à cuisiner. La gestion des semaines, puis de ce qui devient des mois, du parcours scolaire de nos enfants. Une route jalonnée de souffles retenus, de devoirs, de leçons, de lunchs à préparer, d’encouragements à disséminer…

De secondes, de minutes, d’heures puis de journées qui nous coulent entre les doigts au rythme des aiguilles de cette montre infernale qui tricottent le temps, un peu comme le ferait un hyper actif démoniaque…

Puis soudainement, juin venu, on se met à avoir un peu plus de temps. Le temps de ralentir, de respirer. Le plaisir qui ne nous apparaît tout d’un coup plus relever du fantasme des repas non planifiés.

Le temps de prendre son temps, justement.

Puis, on se met à rêver que ces nouveaux petits plaisirs que l’on est parvenu à intégrer à son quotidien, nous pourrions très bien en faire des habitudes l’année durant. Marcher plus, profiter plus souvent de l’heure du midi pour aller prendre l’air. Ou mieux encore, pour aller paresser sous un arbre, armée d’un bon livre.

Ou même, du temps consacré à rien d’autre qu’ à rêvasser.

Mais bien sur, la beauté de la quarantaine, c’est que j’ai compris depuis bien longtemps déjà que tout cela, ça relève du mirage. Et que par conséquent, mieux vaut en profiter !

Là.

Maintenant.

Toute suite !

Et surtout, sans délai !

Parce que tout cela, le plaisir du temps soudainement retrouvé, ce ne sera de nouveau d’ici quelques semaines j’en ai bien peur, qu’un fantasme qui comme l’asphalte sous le soleil, nous semblera alors n’avoir été rien d’autre qu’un mirage.

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