Petit éloge du vide et de l’ignorance à l’ère de la sur-information et des fausses nouvelles

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Je ne sais pas trop si c’est la faute de l’hiver, qui, comme chaque année a cet art bien à lui de sembler un peu beige… Mais ces jours-ci, un peu comme la célèbre marmotte qui, le 2 février de chaque année sort la tête de son trou avant de décider si elle retournera se cacher, je ressens moi aussi cette envie soudaine et subite de retourner me terrer sous une couverture bien chaude.

À l’abri du monde

Je ne sais pas pour vous mais, depuis des semaines, je suis moi-même comme paralysée devant ce qui ressemble de plus en plus à une impossibilité totale. Celle de lire deux articles de file sans voir le nom de celui qui est maintenant à la tête des États-Unis (et que je refuse de nommer ici!). Et dont le caractère malsain semble maintenant devoir recouvrir un peu tout de son ombre malaisante et viciée.

Aussi, je dirais que je ressens ce que je qualifierais de fatigue sans nom, un peu comme un puits sans fond, devant ce flot d’informations abrutissant qui nous parvient sans interruption, 24 heures sur 24. Jour et nuit, 7 jours sur 7. Des nouvelles qui toutes, nous donnent à voir le vide, sans fond lui aussi, dans lequel le monde semble aujourd’hui s’enliser.

À l’image d’ un grand trou noir qui aspire tout.

Et déchiquette le reste.

Un peu, à la limite, comme si rien d’autre n’existait plus que M. X a dit ceci. M. X a fait cela. M. X encore et encore….

C’est pourquoi, ces jours-ci, je me prend à rêver d’une grande pièce vide et blanche.  À l’abri du  monde et de l’hiver beige et gris. Dans une parenthèse faite d’ignorance et de silence.

Et visiblement, je suis loin d’être seule à me sentir ainsi. À preuve, cet article sur lequel je suis tombée un peu plus tôt aujourd’hui et qui met justement en lumière ce phénomène de la surenchère d’informations plus ou moins justes et qui semble avoir un effet aussi écrasant et néfaste sur vous que sur moi ces temps-ci… Cela, un peu comme dans un effet de synchronicité, alors que pas plus tard qu’hier, je rattrapais sur le web une vidéo-conférence à laquelle je m’étais pourtant inscrite mais que je n’avais pas eu le temps encore d’écouter. Celle-ci portant justement sur le phénomène des fausses nouvelles (ou «fake-news» du terme anglais). Un phénomène qui fait en sorte qu’en raison des nombreux algorithmes dont sont aujourd’hui faits les sites «d’information» et autres médias sociaux, tous, nous avons maintenant ce sentiment de vivre comme dans une bulle dans laquelle les mêmes nouvelles nous sont présentées inlassablement. Alors que d’autres nous échappent totalement. Comme si celles-ci avaient été désintégrées. Purement et simplement.

Un trop plein qui me donne à moi parfois, cette impression d’être devenue une oie que l’on gave avant de l’égorger…

Peut-on être trop informé ? J’avais toujours pensé que non. Sauf qu’aujourd’hui, à l’heure ou nous n’avons jamais eu autant accès à l’information en un simple clic en même temps que nous n’avons jamais été aussi mal informés, je me dis qu’en ce qui me concerne, j’ai ce sentiment d’avoir atteint comme un seuil critique de saturation.

Et vous ? Comment vous sentez-vous devant de flot de nouvelles qui nous parvient sans arrêt au point de nous saouler ? Qu’elle est votre stratégie pour faire le vide ?

Parce que moi, soudainement, je me prends à rêver d’une île déserte.

Pour m’y désintégrer.

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2 commentaires sur “Petit éloge du vide et de l’ignorance à l’ère de la sur-information et des fausses nouvelles

  1. C’est vrai qu’à force de « dénoncer » les moindres faits et gestes de « celui dont on ne doit prononcer le nom », on lui faire surtout une place gigantesque dans les médias. Mérite t-il qu’on parle autant de lui ? À ce point, je ne le pense pas.

    1. Bonjour Aude ! Je demeure convaincue du fait que si les médias n’en avaient pas autant parlé, il n’aurait pas été élu.

      C’est un peu triste car maintenant, ce qui semblait une idée complètement loufoque pour bien des gens sera rien de moins que la réalité pour au moins les 4 prochaines années.

      Marie

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