Rien

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Pourriez-vous vivre avec rien ? Ou beaucoup moins?

Dans le genre deux cuillères, trois chemises et quatre pantalons, comme certains minimalistes japonais?

Voilà bien une question qui peut sembler un brin paradoxale au sortir du temps des fêtes de fin d’année, n’est-ce pas ? Ce moment annuel qui rime trop souvent avec «trop», «abus» et «abondance»…

Il y a quelques mois, je suis tombée sur un article qui m’a amenée à réfléchir à la question. Un article du journal Le Temps dans lequel on racontait justement qu’au Japon, on assiste actuellement à l’émergence d’une nouvelle tendance. Celle d’une valorisation du «moins» dans lequel on élève au rang de vertu un certain minimalisme. Celui-ci se nourrissant d’une volonté drastique de réduction matérielle.

J’avoue personnellement que si je ne m’étais jamais posée jusque-là la question de prendre conscience du poids insoupçonné des objets dans nos vies, j’ai vite été rattrapée par la réalité lorsque j’ai eu, il y a deux ans déjà, à vider l’appartement de ma mère qui était forcée de partir en résidence pour raison de santé. Mais aussi et surtout, lorsque je suis déménagée en août dernier, laissant derrière moi un immense duplex pour désormais vivre dans moins que la moitié moins d’espace… J’en avais parlé tout juste ici.

Car c’est qu’après avoir eu trois maisons au cours des quinze dernières années, je me suis retrouvée d’un coup dans l’obligation de me délester du superflu afin de pouvoir espérer pourvoir aménager dans plus petit. Je n’ai par conséquent eu d’autre choix que de me rendre à une ou deux évidences. Soit que c’est tout simplement fou tout ce qu’on peut accumuler au fil des années, d’une part. Mais surtout, que tout ce superflu accumulé au fil du temps, loin de nous rendre plus heureux, fini un peu tristement par devenir un poids qui nous empêche parfois d’avancer, sans que nous ayons vu venir la chose !

Lorsque ma mère est partie en résidence en février 2014, j’ai été confrontée à la nécessité de littéralement vider son appartement. Cela en l’espace de tout juste quelques jours. Des tas d’objets qu’elle avait accumulés au fil des années et auxquels elle tenait comme à la prunelle de ses yeux. Des livres, des CD, de la vaisselle, des nappes,…

Tous ces objets dont maintenant, plus personne ne voulait. Un peu pathétiquement.

Aussi, lorsque je suis déménagée l’été dernier, j’étais très consciente que je ne pourrais tout apporter et qu’il nous faudrait en éliminer une grande partie. Des Cd que j’avais écoutés à une certaine époque mais que la tendance moderne au «streaming» m’avait amenée à délaisser. Des livres que j’ai lu il y a bien longtemps déjà et que j’ai dû me résoudre à passer au suivant. De la vaisselle pour les jours de fête, qui ne servait qu’une fois par année. Des nappes brodées au ruban rapportées de voyage et que je n’ai jamais utilisées… parce que je les trouvais trop belles….

Et ainsi de suite!

Très clairement, je me suis alors fait une promesse! Celle de désormais me poser deux ou trois questions avant de me procurer un objet, un vêtement ou quoi que ce soit d’autre qui puisse risquer de venir me surcharger inutilement.

Mais, si tout ce processus ne s’est pas fait d’un coup, ni même facilement cela va sans dire, en lisant cet article du Journal Le Temps, je me demande si je ne pourrais pas encore en éliminer un peu plus dans une volonté d’alléger encore un peu plus ma vie.

Dans un monde saturé d’images, d’information, de bruits, de violence, je me prends à rêver d’une pièce blanche, zen et remplie de lumière…

Et dans laquelle je pourrai de nouveau m’entendre penser !

Alors je vous le demande ! Et vous, pourriez-vous envisager de vivre avec rien ? Ou infiniment moins ?

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