11/8/12

Histoire de…s’en souvenir

Crédit: Adjudant Maître à la retraite, Jamie McCaffrey

Novembre, on a beau dire, ça rime toujours un peu avec grisaille, déprime et…envie de s’exiler !

N’est-ce pas le mois des morts après tout ?

Mais voilà, c’est aussi, à chaque année au même moment, cette période ou on peut rencontrer un peu partout sur notre route, ces anciens combattants qui ont fait une guerre ou une autre et qui pour souligner le Jour du Souvenir le 11 novembre, offrent aux passant des coquelicots à accrocher à nos manteaux…

Histoire de dire « Je m’en souviens ».

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09/16/12

Vivre en marge

Crédit: Photo-libre.fr

Je racontais hier combien le fait que mon arrière-arrière-grand-père Édouard ait été atteint d’épilepsie avait du peser lourdement sur son destin…mais également, sur celui des siens. 

Plus, probablement que tout ce que j’avais pu imaginer jusque là…

Car il est vrai que l’épilepsie, à l’époque, était bien souvent assimilée à de la folie. Et était très certainement, un sujet de honte pour la famille.

À cet égard, je suis tombée un jour sur un article dans lequel on racontait que la Reine Mary et son époux, le roi anglais George V, avaient eux aussi un fils atteint d’épilepsie. Né en 1905, on découvrit ainsi dès ses quatre ans que ce plus jeune fils de la famille était atteint de cette maladie. Aussi, afin d’éviter de nuire à la réputation de la famille royale mais aussi pour éviter les éventuelles scènes embarrassantes, on décida de le cacher. D’abord maintenu isolé dans une petite maison proche du palais, puis dans une écurie qui allait être aménagée pour lui à la campagne, le petit prince fut élevé par des nounous. Selon les témoignages de l’époque, sa mère aurait été à peu près la seule personne de la famille à venir le visiter, se montrant toutefois peu démonstrative et gardant ses distances de crainte qu’il ne soit «contagieux».

On raconte un peu cette histoire sur Internet. Ici, par exemple, on dit que Georges V «avait honte de la santé de son plus jeune fils John, épileptique et légèrement débile. Il le fit enfermer dans une ferme du Norfolk, où il mourut en 1919 à l’âge de 13 ans, après n’avoir eu comme contact familial que celui de sa mère. L’enfant fut enterré dans le plus grand secret dans le petit cimetière de Sandringham.»

Du coup, je réalise que le plus jeune fils de Georges V est décédé à peu près à la même époque, soit tout juste deux mois après mon arrière-arrière-grand-père Édouard. Et bien qu’il soit tout à fait évident qu’ils ne se soient pas connu, je me dis que si cette maladie était aussi honteuse au niveau de la noblesse de l’époque, n’est-il pas réaliste de croire que la chose ait été tout aussi stigmatisée dans toutes les couches de la société? Et que notre fameux «secret de famille», ce n’ait été «que ça» finalement ?

Cette «prétendue folie» d’Édouard…. Que pendant des générations, nous n’aborderions pas, même du bout des lèvres…

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09/15/12

…qui en génèrent d’autres.

Crédit: Photo-libre.fr

Ainsi, je vous racontais hier qu’en consultant les résultats du recensement de 1911, j’étais tombée récemment sur un détail qui m’avait d’une certaine façon accroché….

Car quiconque a déjà consulté de vieux recensement sait qu’à l’époque, au début du vingtième siècle, les familles étaient pas mal toutes construites sur le même «moule». Soit la femme s’occupant de la maisonnée, l’homme subvenant aux besoins de la famille. Chacun connaissant sa place et son rôle si on peut le dire ainsi! Par conséquent, sur les registres, dans la section «Occupation», la femme ne semblait jamais «rien faire» alors que l’homme lui, était selon la région, souvent agriculteur, parfois commerçant.

Dans de rares exceptions occupant un métier plus rare, comme cet ancêtre qui comme je l’ai découvert, était tailleur de cuir. Mais ça, c’est une histoire sur laquelle je reviendrai à un autre moment.

Enfin bref, voilà donc que sur ce recensement (oui, oui, j’y viens !), j’ai pu découvrir qu’Édouard était sans occupation. Et qu’Adeline était «laveuse», selon le terme utilisé. Ce qui selon ce que j’ai pu en déduire, signifiait qu’elle nettoyait les vêtements des autres…

Une fois encore, nous sommes bien loin du modèle traditionnel lorsque l’on remonte mon histoire familiale…

Je me suis donc demandé si je n’avais pas là un autre «indice» capable de faire dériver tout ce que j’ai cru jusque là. Et suscitant, il va sans dire, nombre d’autres questions! Et si Édouard atteint d’Épilepsie avait été marginalisé, incapable de trouver un travail pour subvenir aux besoins de sa famille? Le fait étant qu’à l’époque, cette maladie, par manque de connaissances, était assimilée à l’état de folie chez son sujet… Pour avoir vu l’un de mes oncles en crise, je puis assurer que la chose est assez affrayante à voir !

Et si Adeline avait été obligée de palier à ce manque? Et si la mort d’Édouard de la grippe espagnole, alors qu’il était déjà hospitalisé à l’asile n’avait été finalement, et en quelques sortes, qu’un «soulagement » pour elle? En quelque sorte ce qu’elle pourrait avoir perçu comme une deuxième chance de se réinventer face à une situation qui bien sur, devait être bien lourde pour elle…

Est-ce que cela n’expliquerait pas qu’Adeline ne se soit pas présentée aux chevets d’Édouard lorsqu’il a été enterré, en octobre 1918? Qu’elle se soit remariée dès l’été suivant, en juillet 1919, changeant même de ville, comme pour fuir quelque chose. Ou bien commencer une nouvelle vie. Loin du jugement de tous ceux qui les connaissaient et du stigmate probablement laissé sur la famille par la «folie» d’Édouard…

Bien sur, de tout cela, je n’ai absolument aucune certitude! Sauf des indices sur lesquels je me permets de broder allègrement. Mais comment faire autrement ?

Surtout quant les éléments semblent, comme c’est le cas ici, même contre toutes logiques, constituer les pièces d’un immense puzzle qui au final…se tient !

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09/14/12

Une suite de questions…

Le Bougainvillée à fleurs rouges (c) 2009 Pierre-Alain Bourquin

Fouiner dans son histoire familiale, on le sait, cela peut très certainement réserver quelques surprises au passage…

Et bien sur, en me lançant dans mon projet de livre (pardon ! Mes deux projets !), je n’étais pas sans savoir que la chose m’apporterait, à moi aussi, quelques surprises… Des surprises qui parfois, comme je l’ai découvert depuis, loin d’être des réponses, seraient également le déclencheur d’une suite d’autres questions…

Elles aussi, sans réponse…

Et je dois également avouer que bien que «L’homme nu» occupe une large part de mon esprit ces temps-ci, celui-ci se dispute dans un même temps allègrement mon attention, dans ce qu’on pourrait qualifier de tiraillements sans fins, avec mon autre projet d’écriture, «Derrière des portes closes». Un projet qui quoi qu’on en dise, relève du même processus de fouilles de squelettes depuis longtemps oubliés de plusieurs. Des «fouilles» qui impliquent que je parte à la recherche de tous ces indices que je pourrai trouver sur ma route. Les langues étant fort peu nombreuses à pouvoir se délier pour me révéler ces secrets auxquels je livre une chasse exempte de répit…

C’est ainsi que l’autre jour, alors que je projetais d’annuler mon abonnement à l’un des sites de généalogie auquel je m’étais abonnée il y a déjà un an ou deux, j’ai voulu d’abord faire le tour de ce que j’avais trouvé jusqu’ici, histoire d’être certaine de ne laisser rien me passer sous le nez. Et puis, en regardant un vieux recensement, celui de 1911 qui aussi étonnant que cela puisse paraître, est disponible sur Internet, j’ai fait une découverte qui bien que je ne sache pas encore si elle est importante ou non, me donne à penser qu’elle n’est pas complètement innocente…

Alors remontons à Adeline, mon arrière-arrière-grand-mère du côté maternel… Vous savez ? Celle qui avait épousé en premières noces Édouard, cet arrière-arrière-grand-père qui allait finir sa vie dans un asile, oublié de tous. Jusqu’à ce que je tombe sur un vieux registre relatant son décès en octobre 1918… Un registre signé par le seul prêtre présent, accompagné à titre de témoin par un représentant de l’hôpital… Adeline ne s’étant visiblement pas présentée.

Cette dernière selon la petite histoire, s’est par ailleurs remariée l’été suivant, avant de quitter son petit village près de Québec pour aller vivre à La Tuque avec le nouvel époux et enfants. La chose n’ayant rien d’exceptionnel à l’époque, une femme ayant alors besoin d’un homme pour assurer les besoins de la famille.

Mais voilà que sur le recensement dont je parlais plus haut, celui de 1911, cette époque ou Édouard vivait toujours, un « détail » m’a sauté aux yeux…

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11/9/11

À la guerre comme à la guerre: un faux Paris pour leurrer l’ennemi

Ne trouvez-vous pas vous aussi qu’il est passionnant de fouiller dans l’histoire ? La petite tout comme celle avec un grand «H» ?  Pour tout ce qu’on y apprend tant sur ceux qui nous on précédés bien sur ! Mais aussi sur nous… Et sur l’humain en général.

C’est un peu ce que j’ai ressenti lorsque je suis tombée la semaine dernière sur cette nouvelle racontant qu’à la fin de la première guerre mondiale, le gouvernement français avait eu l’idée de génie de créer…un faux Paris afin de berner l’ennemi allemand éventuel. Le chantier fut ouvert brièvement en 1917 mais jamais achevé. Néanmoins, au moment ou l’Armistice fut signé en 1918, quelques bâtiments factices avaient déjà été installés, dont notamment la réplique de la gare de l’est.

«Coincé au nord ouest de la capitale, entre Cergy au nord et Maisons-Laffitte au sud, le faux Paris n’aurait valu son existence qu’à un but et un seul, celui de protéger sa grande sœur légitime plus au sud des attaques aériennes et des premiers bombardements allemands. Si l’idée prête aujourd’hui à sourire, il en était surement tout autre à une époque ou la technologie radar n’existait pas et ou les pilotes se repéraient d’abord à l’œil, envisageant leur cible d’un regard avant de larguer leurs bombes

On en parle ici. Dans le magazine Slate. Et même dans le journal Le Monde.

Au moment ou sera souligné ce vendredi 11 novembre l’Armistice, l’anecdote m’a semblée plutôt sympatique, quelques 93 ans plus tard… En plus de ramener à mon esprit l’histoire de mon arrière-arrière-grand-père Édouard, décédé tout juste deux semaines avant la fin de cette fameuse guerre… Une guerre à laquelle il participa bien sur, bien qu’elle ne le tua pas…

Édouard ayant mené son combat à lui à un tout autre niveau…

***
Et parlant d’Édouard, j’ai finalement su hier que tous les dossiers de patients de l’Hôpital Robert-Giffard (anciennement St-Michel-Archange de Québec) datant d’avant 1968…avaient été détruits…

Je ne saurai donc jamais s’il avait laissé une ou des lettres pour Adeline, mon arrière-arrière-grand-mère….

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08/9/11

Fragments de réalité

Photo: PABvision.com

Je sais ! Il n’aura sans doute échappé à personne que je parle peu de mon livre ces temps ci… Aussi, vous serez-vous même fait la réflexion que je me dérobe peut-être. Ou qu’à la limite, je ne vous dis pas tout…

Mais la vérité est tellement plus complexe ! Car alors que mes recherches sur mon histoire familiale m’ont appris bien des choses que je n’avais pas su ou encore, sur lesquelles je n’avais vraisemblablement pas porté attention au moment ou elles se sont produites, ces derniers mois ont été plutôt tranquilles de ce côté. Me donnant sans doute l’illusion d’avoir peut-être fait le tour du « sujet ». D’être venue à bout de ce « nid de crabe » familial infesté de secrets qui tel des poupées russes, n’en finit plus de se révéler….

Mais, je réalise maintenant que de fouiner dans son histoire familiale, ça doit sans doute avoir quelques ressemblances avec le fait de marcher sur des sables mouvants…. Alors que c’est au moment ou nous sommes convaincus d’avoir enfin prise sur du solide…qu’on s’enfonce.

Deux « révélations », échappées au cours de conversations avec ma mère, m’ont ainsi amenée à penser que cette idée de l’histoire familiale que j’avais pu construire au fil des mois pouvait finalement n’être qu’un fragment de la réalité. Et qu’un seul « détail » avait le pouvoir d’en redéfinir du tout au tout les contours…

Mais que je vous explique.

Je vous ai déjà raconté que mon arrière-arrière-grand-mère maternelle, Adeline, s’était retrouvée dès 1928 à élever ses petits enfants (ma grand-mère Jeanne qui avait alors environ deux ans et son frère Ernest qui quant à lui devait être âgé de tout au plus quatre ans) suite à la séparation de son fils Dollard et de son épouse Lucienne. Mon arrière-grand-mère Lucienne ayant décidé de tout laisser derrière elle, mari et enfants, pour venir refaire sa vie à Montréal.

Veuve fin 1918 de son premier mariage avec celui qui fut mon arrière-arrière grand-père, Édouard, Adeline s’était remariée l’été suivant avec Joseph-Pierre, veuf également. C’est donc avec ce dernier qu’elle prit en charge Jeanne et son frère Ernest, les considérant comme ses propres enfants (elle en avait eu six avec Édouard !) Une vérité qui lorsque ma grand-mère Jeanne la découvrit à l’adolescence, allait la perturber profondément, alors que celle qu’elle prenait pour sa mère était en fait… sa grand-mère !

Enfin, j’y reviendrai.

Car là ou je veux en venir c’est que la « légende » familiale telle que je la connaissais jusque là voulait qu’Édouard, après avoir été mobilisé pour la première guerre mondiale, soit revenu pour mourir de la grippe espagnole quelques mois plus tard. Mais des documents de généalogies retrouvés sur Internet la semaine dernière par ma mère pourraient remettre en questions cette version…

Sur ce registre de décès d’Édouard, on peut en effet constater qu’il serait mort à le 24 octobre 1918, à l’Hôpital St-Michel-Archange de Québec. Qui était alors…un hôpital psychiatrique.

Bien sur, j’ai été estomaquée par cette découverte dans laquelle j’ai néanmoins vu deux possibilités. Soit que la mortalité causée par le grippe espagnole était tellement impressionnante que les hôpitaux étant littéralement débordés, les autorités durent mettre à contribution tout hôpital digne de ce nom.

Ou encore, cette possibilité plutôt effrayante qu’Édouard qui souffrait d’Épilepsie (considérée comme de la folie à l’époque !) ait été envoyé dans cet hôpital psychiatrique (ce qui n’exclurait pas forcément qu’il soit mort de la grippe espagnole !) Ou de façon tragique, « l’histoire familiale » l’aurait « oublié »…

Et qui expliquerait qu’Adeline lorsqu’elle s’est remariée quelques mois plus tard ait quitté Saint-Raymond-de-Portneuf ou elle habitait, pour s’installer à La Tuque avec son deuxième mari…. Comme pour mieux fuir cette réalité qui selon les normes de l’époque aurait pu être vue comme honteuse…

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